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Sécurité des piéton:nes et cyclistes : pourquoi l’année Covid est un appel à faire mieux

Mis à jour : mars 15

Auteur : Stefanie Sohm



Avec les mesures prises en 2020 pour atténuer la pandémie, le nombre d’accidents routiers a chuté dans le monde entier. Pour le Maroc, la NARSA reporte presque 20% moins d’accidents, comparé à l’année 2019.


Pourtant, dans beaucoup de pays, un regard de plus près sur les statistiques montre que les accidents n’ont pas reculé du même niveau que les mouvements sur les routes, que la part des accidents fatals et sévères a augmenté et que les victimes se trouvent surtout parmi les plus vulnérables: les cyclistes et les piéton:nes.


Les premières analyses pointent vers une combinaison de trois raisons: les routes vides ont vraisemblablement encouragé l’excès de vitesse parmi les motoristes; les autorités étaient distraites par d’autres soucis que le respect du code de la route, et - surtout - la part des trajets faits à pied et à vélo avait augmenté, soit volontairement pour éviter les transports en commun pleins ou à cause de leur suspension.


L’année 2020 devrait nous rappeler que la sécurité et la promotion des modes actifs ne sont pas un luxe qu’on s’offre seulement si on s’appelle Copenhague ou Amsterdam. Elles sont d’une importance systémique car elles contribuent à l’accès inclusif, (presque) indépendamment des moyens, renforçant l’équité sociale.


Des gens optent pour la marche ou le vélo pour de multiples raisons - conviction verte, praticabilité, pour accéder aux transports publics, pour leurs effets sur la santé - ou simplement pour manque de moyens. Ceux et celles qui se déplacent à zéro consommation énergétique, émissions et bruit; qui contribuent à la réduction des embouteillages, à l’utilisation efficace des espaces urbains et des ressources financières publiques; à la viabilité des villes et à la protection de l'environnement, de leur santé et celles de leurs concitoyen:es, doivent être protégé:es et leur comportement encouragé.


Les mesures pour une meilleure sécurité des piéton:nes et cyclistes sont connues: l’aménagement des infrastructures adéquates et des espaces sûrs et moins de vitesse pour les voitures.


Plusieurs villes et pays en Europe ont récemment donné suite à la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé et ont généralisé une limite de vitesse de 30 km/h dans de grandes parties urbaines. Motivées par les changements de comportement en mobilité pendant la crise Covid, plus de 2.500 km de pistes cyclables additionnelles ont été annoncées (https://ecf.com/dashboard). Les initiatives pour limiter l’accès des voitures aux centres-villes, de créer des rue sans voitures et des espaces accessibles pour toutes et tous deviennent de plus en plus nombreuses.


Actuellement, les organisations internationales appellent les gouvernements à intégrer les modes actifs comme composante intégrale dans leurs plans de relance et à investir dans leur promotion et sécurité.


Saisissons alors cette opportunité aussi au Maroc et investissons dans la santé des citoyen:nes, dans la viabilité des villes et dans l'équité sociale.


Investissons dans la promotion des modes actifs et la sécurité routière des cyclistes et des piéton:nes.



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