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Vers une mobilité verte: trois pays, trois approches différentes

Article du Blog Transport for Development de la Banque Mondiale

Auteurs: NANCY VANDYCKE, JAVIER MORALES SARRIERAGURPREET SINGH SEHMI

Traduit de l’anglais à partir de : http://blogs.worldbank.org/transport/node/853


À l'issue des discussions à la COP24, les pays ont encore du mal à traduire leurs engagements en matière de climat en actions efficaces et socialement acceptables. Ce sentiment de stagnation est particulièrement évident dans les transports. Avec 23% des émissions de GES liées à l'énergie provenant du secteur, la transition vers une mobilité plus verte sera cruciale pour la réussite globale du programme sur le climat. Pourtant, le monde reste largement tributaire des combustibles fossiles pour transporter les personnes et les biens de A à B. Comme le montre la Feuille de Route Mondiale du Sustainable Mobility 4All, de nombreuses options politiques pourraient aider les pays à passer à la mobilité verte, chacune avec ses propres coûts fiscaux et politiques. Pour illustrer cela, voyons trois pays qui ont pris des mesures concrètes pour réduire les émissions de carbone des transports, mais ont opté pour trois options différentes : la France, le Luxembourg et la Norvège.


Ce que ces pays ont en commun

Ces trois pays ont tous un niveau de revenu élevé, ce qui signifie que la majorité de leurs résidents peuvent se permettre d'acheter et de posséder une voiture. Les gouvernements de ces pays ont également beaucoup investi dans les systèmes routiers et ferroviaires, y compris le réseau ferroviaire transformateur à grande vitesse de la France. Cet effort a considérablement augmenté le nombre de personnes ayant accès à des moyens de transport rapides et fiables et a contribué à réduire la fracture sociale entre zones urbaines et zones rurales.

Toutefois, «l’accès universel» n’est qu’un des quatre objectifs politiques de la mobilité durable: efficacité, sécurité et mobilité verte sont tout aussi importantes. Maintenant que l'infrastructure est en place et que les voitures et les camions à forte intensité de carbone sont sur les routes, le défi pour les décideurs est de trouver un moyen d'atteindre ces trois autres objectifs dans un monde où la mobilité individuelle est devenue un nouveau « droit social ». En d’autres termes, quelles politiques seront les plus efficaces pour réduire l’empreinte environnementale du système de mobilité actuel (émissions de GES, bruit et pollution de l’air)?


Où les pays diffèrent

En Europe, le secteur routier représente plus de 70% des émissions des transports. En tant que tel, la réduction du nombre de voitures sur les routes est devenue une priorité essentielle pour la décarbonisation des économies. Pour ce faire, la France, la Norvège et le Luxembourg ont chacun proposé une approche différente.


France: Réduire la consommation d'énergie d'origine fossile grâce à une taxe sur les carburants.

Afin de donner l'exemple et de suivre le débat sur la mise en œuvre de l'Accord de Paris, le gouvernement français a annoncé une augmentation de la taxe sur les combustibles fossiles à la fin de 2017, ainsi que des rabais pour l'achat de véhicules électriques. La justification économique de la taxation des véhicules utilisant des combustibles fossiles est assez simple: la taxe devrait couvrir tous les effets externes négatifs associés à l’utilisation de la voiture, y compris les émissions de carbone, mais aussi la pollution atmosphérique et sonore, la congestion routière et les risques pour la sécurité. Cette mesure a toutefois été vivement critiquée pour avoir limité la mobilité individuelle, en particulier pour les travailleurs à faible revenu des zones rurales. Ceci rappelle que la question de l'acceptabilité sociale doit faire partie intégrante de la politique climatique.


Norvège: soutien à la mobilité dans les énergies propres.

Le gouvernement norvégien a concentré l'essentiel de ses efforts sur la promotion des sources d'énergie alternatives dans les transports, avec des incitations généreuses pour les véhicules électriques: zéro importation, TVA et taxe de circulation; déplacement sans frais pour les voitures rechargeables; des stations de recharge financées par des fonds publics, etc. En conséquence, la Norvège compte le plus grand nombre de voitures 100% électriques (à batterie uniquement) par habitant au monde, les véhicules électriques représentant 47% des voitures particulières nouvellement immatriculées du pays en juin 2018. Les chiffres sont impressionnants, ce modèle reste centré sur l'utilisation de voitures particulières, ce qui pose toujours des problèmes tels que la congestion.


Luxembourg: transports en commun gratuits.

Au Luxembourg, le gouvernement a choisi d'investir dans des modes de transport qui, espérons-le, réduiront l'utilisation de la voiture: en rendant tous les trains, les tramways et les bus gratuits, ce qui a un impact fiscal important.

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